Les cheminées habillées de St-Denis-sur-Richelieu
Texte de Onil Perrier

En plus de sa riche histoire, St-Denis possède un élément visuel et esthétique original qui ajoute beaucoup de charme à son patrimoine bâti : les revêtements de tôle qui ont été posés sur un très grand nombre de cheminées. Bien qu’on en retrouve beaucoup dans la municipalité, on peut aussi en voir dans les rangs.

Ces cheminées « habillées » ajoutent aux maisons qui en sont dotées une grâce et une allure qu’on doit mettre en valeur davantage.

La plupart des cheminées ont été recouvertes ainsi dans les années 1900 à 1950 par deux ferblantiers-plombiers de St-Denis: Irénée Bélanger et Joseph Laflamme.

Quand on leur demandait de poser un « cap de tôle », ces deux artisans exécutaient ce travail comme de véritables artistes. Au lieu de le faire en série, d’une façon expéditive et sans imagination, ils s’étaient construits des « formes », des moules sur lesquels ils modelaient les pièces de tôle ou de fer blanc avec des maillets en bois. Ils soudaient les pièces au plomb. Elles devenaient donc ainsi des oeuvres d’art.

Après 50 ou 75 ans, la plupart de ces revêtements sont bien conservés. Les propriétaires ont été fidèles à les repeindre en même temps que le toit, et presque toujours de la même couleur.

Signalons que certaines maisons comptent jusqu’à trois cheminées habillées ainsi avec élégance : cela est fort joli à regarder quand le soleil les éclaire à travers les arbres. Le coup d’œil vaut une promenade dans le village. Nous en avons compté plus de 200 dans la municipalité. Et on en trouve un certain nombre dans les localités voisines.

Notons que les très anciennes maisons n’en ont pas parce que leur couverture de paille ou de bardeaux devait se terminer par des murs coupe-feu intégrant les cheminées. C’est le cas par exemple de la maison Cherrier, de la maison Mâsse (Maison Nationale des Patriotes),et pour d’autres raisons, de la maison Richard (Les Chanterelles) , de la maison Vézina (la mairie), etc.

Souhaitons que les propriétaires auront à cœur de préserver longtemps cet élément original de notre patrimoine architectural.

Note1 : lors de la causerie de l’automne 2006, monsieur Perrier mentionnait que ces cheminées étaient très lourdes et qu’il fallait environ une semaine pour les mettre en place. En plus, monsieur Laflamme, n’ayant pas d’auto, apportait les cheminées en charrette ou en brouette. Dans les rangs, on demandait au cultivateur de venir chercher la cheminée avec sa charrette!
Note2 : en particulier, les cheminées habillées du 277 Nelson montrent de beaux éléments de finition (une frise ouvragée, comme une dentelle).
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